par JL 78 » 08 Mar 2014, 10:18
Pour le client d'une automobile haut de gamme,la valeur et la qualité du label sont une sorte d'investissement,en principe sans risque;avec des revenus confortables,il peut se permettre de changer de véhicule au bout de 2 ou 3 ans,voire moins;son choix doit lui garantir une revente ou une reprise sans grande perte.
Aux USA,avec la politique des constructeurs du:"vieillissement accéléré",il est bon d'avoir le tout dernier modèle pour être considéré par son entourage;le renouvellement complet, avait lieu tous les 4 ans,et à chaque millésime,quelques modifications cosmétiques( calandre et feux modifiés,nouvelles teintes et choix de sellerie,1 ou 2 équipements optionnels l'année précédente,désormais montés en série),suffisaient pour:"démoder" une voiture rapidement,et inciter à un nouvel achat;les constructeurs qui ne suivaient pas cette démarche,étaient en quelque sorte,condamnés à l'immobilisme,et voir leurs ventes baisser.
Dans son livre de souvenirs,Lee Iacocca décrit la situation ainsi chez Chrysler ( Novembre-Décembre 1978 ).
"Le moral défaillant et les fuites avaient des répercussions sur les bilans de Chrysler.Cela expliquait les très mauvais résultats de l'entreprise alors que le reste de l'industrie automobile achevait la meilleure année de toute son histoire.En 1978, la GM et FORD,établirent de nouveaux records de ventes et de bénéfices.GM avait vendu près de 5,4 millions d'unités et Ford,2,6 millions.Comme d'habitude,Chrysler arrivait en 3ème position avec à peine 1,2 millions d'unités.Mais le plus inquiétant était que notre part du marché Américain était tombée en 1 an de:12,2%,à11,1%,une chute impressionnante;notre part du marché des véhicules utilitaires avait baissé dans les mêmes proportions,de:12,9%,à 11,8 %.
Mais le pire était qu'en 2 ans,le taux de fidélité de la clientèle de Chrysler avait baissé de 7 %;au moment où je pris mes fonctions,il était tombé à 36 %,contre 53 % chez Ford,ce qui était déjà une baisse significative;la GM de son côté,se maintenait aux environs de 70 %.
Nous avions déjà du mal à attirer l'attention du public sur nos produits,et maintenant,nous apprenions que près des 2/3 de nos clients n'étaient pas satisfaits,et n'avaient pas l'intention de racheter un de nos modèles.
Nos chiffres de vente soulignaient aussi un point qui me tracassait;Chrysler avait la réputation d'une marque destinée à une clientèle d'un autre âge.Lorsque je pris les rênes de l'entreprise,l'âge moyen des acheteurs de Dodge et Plymouth était plus élevé que celui des acheteurs de Buick,Oldsmobile, et Pontiac,et même Mercury.
Notre étude montrait également que les possesseurs de Chrysler étaient plutôt d'un milieu ouvrier,n'avaient pas fait des études très poussées,et étaient plus concentrés dans les états industriels du Nord-est et du Middle-west que la clientèle des marques concurrentes.
Ces chiffres mettaient en lumière ce que je savais déjà:les produits Chrysler étaient perçus comme:"rassis et"ternes";il nous fallait de toute urgence imaginer de nouveaux modèles,car dans l'automobile,l'immobilisme ne pardonne pas et on est vite dépassé."
Extrait du livre:"Iacocca", par Lee Iacocca,éditions Robert Laffont,collection:"vécu" (1984).
Chers amis,êtes-vous d'accord,les Mopar étaient des voitures destinées aux prolos ?
Sûrement pas les Imperial et les Chrysler NYB,ou alors en 3 ème main.
Une Mopar...sinon rien !
On peut vivre sans Mopar...mais tellement moins bien !